Le Sel de la terre, la critique du film de Wim Wenders par Gégé

Hier soir, à Utopia, nous avons assisté à la projection de ce superbe film sur l’oeuvre de Sébastiao Salgado, filmé par Wim Wenders et le fils de Salgado,Juliano Ribeiro, avec des commentaires touchants de Wenders et de Salgado lui-même (parfois pas toujours très compréhensibles, car ils ne sont pas francophones pur jus, essentiellement à cause de l’accent), mais très intéressants pour leur authenticité et l’émotion dégagée.
C’est un retour sur son parcours, sa découverte de la photo grâce à sa femme qui avait acheté un appareil qu’il a quasiment confisqué pour développer sa future passion, alors qu’il avait une formation d’économiste.
Il abandonne cette vie d’économiste bien payé et stable, pour redémarrer à zéro et vivre de son art de la photo. Il développe alors des projets d’environ une dizaine d’années chacun, qui l’entraînent sur tous les continents, à partir de 1974: « Autres Amériques », sur des ethnies africaines, sud-américaines (avec son Brésil natal) et les problèmes liés à l’écologie… Ensuite, ce sera « La main de l’homme », sur la misère humaine des travailleurs exploités, avec ces images superbes sur cette mine d’or de Serra Pelada à ciel ouvert, grouillant d’humains venus de tous horizons, réduits quasiment en esclavage, comme une gigantesque fourmilière. « Exodes »: la détresse humaine provoquée par les guerres, avec ces images terribles de cadavres du génocide des tutsis au Rwanda, et plus proches de chez nous en Serbie, Croatie, ainsi que celles de ces camps de réfugiés squelettiques, affamés à cause de l’irresponsabilité des gouvernants africains.
Pendant une période, il ne pouvait plus photographier,choqué par tout ce qu’il avait vu. Il s’est alors attaché à replanter des arbres autour de sa ferme familiale au Brésil « Instituto terra », toujours sous l’impulsion de sa femme, car les collines environnantes, autrefois verdoyantes, étaient asséchées par l’érosion. Aujourd’hui, avec plus de deux millions d’arbres replantés, cet endroit est redevenu verdoyant et apaisant, c’est un parc naturel protégé, qu’avec sa femme, ils ont voulu ouvert au public. Cela lui a rendu le goût de vivre, d’où son projet, à partir de 2002, « Genesis », où il photographie les animaux et les hommes dans leur milieu le plus ingrat, comme dans les zones arctiques, comme s’il voulait se réconcilier avec la vie. On en sort émerveillé, comme si l’on avait fait un merveilleux voyage, bercé par des images superbes.
Pour compléter ce commentaire, j’ai lu qu’il utilisait un Pentax 645D moyen format (dans le film, un Canon full frame 1DX) en numérique et qu’il avait développé un système « hybride » avec DXO Filmpak pour faire des tirages sur pellicule, ajouter du grain argentique comme avec la TRI-X ou T-Max et tirer sur papier baryté argentique. Pour être complet, j’ai lu qu’on lui a reproché depuis 2000, de photographier la misère humaine avec un regard cynique et commercial, comme l’écrivaine Susan Sontag, l’accusant de photographier « l’inauthenticité du beau ». Il faut voir le film pour se forger un avis! ;)

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Ludovic Raffaelle expose ces « Instantanés » à partir du 3 décembre 2013 au Bar à Vin Bordeaux

Venez découvrir les photographies de Ludovic Raffaelle au Bar à Vin (rez-de-chaussée de la Maison du Vin de Bordeaux) 3, cours du XXX juillet, 33000 Bordeaux

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L’immeuble du XVIIIème siècle qui abrite l’ensemble est également connu sous le nom d’Hôtel Gobineau, et rappelle l’activité portuaire de la ville par ses lignes en forme de proue de navire. (Un air de ressemblance avec le Flat Iron de New York)

Plus d’info sur http://baravin.bordeaux.com/

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